Master-class de Eric Michel

Résumé du septième master-class de l’UET Conception Lumière 2015 par Maria de Los Reyes Rodriguez Escudero et Garcia Perman.

Moulins de Lumiere Vue du Quai

Session du 19 mai 2015  à l’ENSAN Nantes

ERIC MICHEL

www.ericmichel.net

Il a étudié les arts plastiques et la musique très jeune. Orienté initialement vers la musique, il est revenu vers la peinture et la sculpture vers la fin des années 80.

Au terme d’études scientifiques supérieures, il s’est dirigé dans un premier temps vers le domaine de la finance, tout en menant de front ses activités artistiques.

En 1980, il est parti au Japon. Il y fera de nombreuses expositions et garde contact avec nombreux artistes là-bas.

Dans sa présentation, il a choisi de se concentrer dans trois projets liés à l’architecture. Il nous raconte que l’architecture est une de ses lignes de travail. C’est une installation à grande échelle   à Paris en 2006 qui lui a amené à sa premiere commande de projet d’éclairage sur une oeuvre d’architecture.

Éric Michel propose une rencontre entre l’art et l’architecture. Il aime la lumière.

« La lumière a ceci d’unique, d’être à la fois de nature corpusculaire et ondulatoire, matérielle et immatérielle. Et pour moi, l’artiste se doit d’être un passeur, précisément du matériel vers l’immatériel, du réel vers l’imaginaire, vers la sensibilité pure».

Eric Michel

Moulins de Lumiere Vue du Pont

MOULINS DE LUMIÈRE

La première oeuvre qu’il nous expose : les moulins de lumière. Il s’agit d’un projet d’éclairage d’une filiale de la BNP dans le site des Grands Moulins de Pantin. Située au Nord de Paris, elle accueille environ 3000 employés dans un bâtiment monumental, d’apparence très froide.

Il nous parle du moment où il faut faire face au projet. Au début, c’était difficile. Il s’est demandé s’il trouverait quelque chose, quelque indice pour le projet. Mais après, l’idée est arrivée : mettre en place des luminaires à l’intérieur qui ne sont pas perceptibles à l’extérieur, mais qui vont faire que la lumière sorte du bâtiment.

A ce moment-là, il nous parle du caractère dialectique de la lumière, de la relation entre l’extérieur et l’intérieur qui ne peuvent pas être dissociés.

Moulins de Lumiere Passerelle

Il fait des interventions très différentes dans chaque partie de l’ensemble, toujours en jouant avec des films et des lampes roses et bleus (couleurs qu’il prend comme sa signature) :

  • Créer une aura magenta qui sorte du pignon.
  • Saturer les orifices des combles d’une couleur très intense pour alléger le bâtiment.
  • Mettre des lampes bleues sur les immenses piles de l’atrium principal de manière les transformer en socle en générant une sculpture de lumière…

Il nous rend conscient continuellement du processus de conception, de La manière de trouver l’endroit où mettre la source. La réalisation des maquettes et des tests vont amener au résultat final. Même les plans techniques nous rendent conscients de comment sont représentés toutes ses idées et intentions.

 10-Passeur-de-lumiere-La-lumiere-parle-2008-Eric-Michel-chez-Le-Corbusier-E3-Couvent-de-la-Tourette-Photo-Vincent-Laganier

LA TOURETTE

Éric Michel propose une rencontre avec l’architecture de Le Corbusier, avec le couvent de la Tourette. Quand il est arrivé dans la grande oeuvre, plusieurs intentions lui sont parvenues.

Un ami artiste lui a recommandé de se promener, de réfléchir et de comprendre la spiritualité du site. De quelle façon la lumière dialogue avec cette architecture ?En suivant ces conseils, certaines idées qu’ils avaient se sont évacuées.

  • Il trouve quelque chose qui lui donne un fil conducteur.
  • Il s’approprie l’architecture du lieu.
  • Il conçoit son œuvre comme un jeu.

Un parallélisme entre la lumière naturelle et la lumière artificielle qu’il crée.

Les interventions sont différentes dans chaque endroit du bâtiment, avec des jeux et significations concrètes.

Mono-Light-Eric-Michel-2014-Philharmonie-Luxembourg-Rainy-days-Photo-2-Eric-Michel

LA PHILHARMONIE DE LUXEMBOURG

Le troisième et dernier projet répond à une commande de la Philharmonie de Luxembourg et des Archives Yves Klein. Il s’agissait de mettre en espace et en lumière la Symphonie Monoton-Silence. Son intervention comprenait une mise en lumière monumentale du Grand Foyer pendant toute la durée du festival et une mise en lumière du Grand Auditorium pendant la Symphonie.

Dans le grand foyer l’objectif était de créer une zone de préparation, de spiritualisation de tout ce qui l’on va vivre dedans. Le bleu monochrome plongeait le visiteur dans une ambiance immersive, méditative, pour le préparer à l’expérience extrême de la Symphonie.

Dans la symphonie et derrière la scène, un monochrome de lumière bleue se déployait sur un cyclo géant. Il s’arrêtant brutalement au bout de 20 minutes de vibration d’un accord tenu, sa « présence » doit continuer de s’étendre dans 20 minutes de silence, comme un symbole d’éternité.

2-Passeur-de-lumiere-Fluo-Blue-Square-2012-Eric-Michel-chez-Le-Corbusier-Couvent-de-la-Tourette-Photo-Vincent-Laganier

Le processus de conception

Eric Michel conclut d’une façon qui laisse clairement entendre qu’il a voulu nous raconter surtout le making-off de ses projets. Pour lui, ce n’est qu’après le repérage et la connaissance du site, que les choses arrivent seules, naturellement, sans forcer sur une idée préconçue.

Résumé de Maria de Los Reyes Rodriguez Escudero et Garcia Perman.

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